Transbiking 2012

« Rencontre avec Laurent brossard, membre de l’équipe organisatrice de la Transbiking et traceur de la TB09. L’occasion d’en savoir un peu plus sur ce beau projet. »
Laurent BrossardPeux-tu nous présenter un peu la genèse du Projet Transbiking qui a vu sa première édition en 2011 sous la forme d’un « Proof of Concept » où quelques chanceux ont pu se frotter à vos traces ?

La transbiking66 de mai 2011 est née de la rencontre de quelques passionnés de vélo de montagne (dont je ne faisais pas partie à l’époque puisque j’y ai participé en tant qu’invité). Il faut « rendre à César ce qui appartient à César » et rendre hommage à Athanaël, Brice, Damien, Hélène, Sylvain et Yann qui furent à l’origine du concept.
L’idée de base a beaucoup évolué car on peut dire que les projets ne manquaient pas. Ce dont ils étaient sûrs c’est qu’il fallait revisiter un peu la discipline du VTT pour explorer d’autres modes de pratique et revenir un peu à la source. En quelques mots, le VTT devenait Vélo de Montagne avec des valeurs fortes comme le partage, le pilotage, la recherche de traces inédites, l’éco-reponsabilité et le goût de l’effort. Je pense que les quelques 40 participants de cette édition 2011 ont passé un bon moment ensemble, même si certains se sont un peu battus avec leur GPS… J’ai ensuite intégré l’équipe à force de côtoyer Brice (NDLR: Brice Epailly) sur les courses en vélo ou à pied et pour apporter ma modeste contribution.

Derrière la Transbiking se cache un état d’esprit, une sorte de vision de la pratique du VTT, peux-tu nous dire ce qui vous anime à proposer un tel événement et les valeurs que vous souhaitez partager ?

Il y a plusieurs choses qui sont importantes à nos yeux. Tout d’abord, c’est une façon de pratiquer le Mountain Bike, un engagement physique et technique en harmonie avec un environnement préservé, évoluer sur une trace pure et naturelle porteuse de sensations. Ensuite, il y a le partage. Nous ne sommes pas hostiles à la compétition bien au contraire puisque nous la pratiquons assidument pour la plupart mais aimons partager notre passion au contact d’une certaine communauté de pratiquants. Le fait d’enlever le chrono permet aux pratiquants de niveaux différents d’échanger, d’observer et de s’enrichir mutuellement. Enfin, on aime bien quand ça remue un peu…

Cette année la TB sera composée de deux organisations, la TB66 et la TB09 pourquoi un tel choix pour cette première édition « officielle » ?

L’idée est de proposer des parcours nouveaux d’une année sur l’autre. Brice est un traceur exceptionnel puisqu’il propose déjà depuis de nombreuses années de superbes traces à l’occasion de la GAROUTADE ou la TransbiKING66 de 2011. Ces parcours sont plébiscités et reconnus par bon nombre de passionnés. Il n’y a qu’à voir à quelle vitesse les amateurs s’arrachent les quelques 300 places de la GAROUTADE. Il serait capable de changer le parcours chaque année dans son département mais nous souhaitons étendre le concept en dehors de nos départements d’origines. Il faut s’attendre à ce que nous allions voir ailleurs très vite si le concept plaît cette année…

Tu es le traceur de la TB09 qui se tiendra « chez toi », sur tes terrains de jeu habituels, un petit teasing de ce que tu nous réserves ?

Faire une trace de 100km respectueuse de notre charte n’est pas chose aisée. Nous essayons de réduire au maximum les parties roulantes pour arriver à un concentré de plaisir pour 2 roues. Même si le parcours n’est pas 100% monotrace, nous essayons de nous en approcher. Ensuite, l’objectif est d’accéder au plus vite à de belles descentes ou à des secteurs inédits toujours le plus technique possible. C’est pourquoi il faut porter par moments pour aller rapidement à l’essentiel !
Ensuite, il faut pouvoir rassembler tous les participants sur un même site d’hébergement pour plus de convivialité. C’est quand même mieux que si tout le monde gère son hébergement dans son coin et que le soir venu toute la tribu s’éparpille. C’est donc beaucoup d’heures de repérages et de tests mais quand la passion nous anime c’est toujours avec beaucoup de plaisir que nous les prenons.
Concernant la TB09 2012, j’ai essayé de lier tous les plus beaux passages d’un secteur que j’affectionne tout particulièrement. Les Pyrénées Ariégeoises autour d’Auzat et Vicdessos offrent un fabuleux terrain de jeu pour les passionnés de montagne et de vélo de montagne. Le site est un immense réseau d’anciens sentiers pour la plupart abandonnés. L’activité dans ces montagnes était dense il y a seulement quelques années en arrière. La montagne vivait et la population était nombreuse. Actuellement, l’exode est massif et seul le tourisme attire les sportifs et randonneurs. Nous héritons donc d’un réseau exceptionnel de chemins pour la plupart empierrés qui relient les 17 communes traversées ! Pour le reste je n’en dis pas plus, ce serait trop long et il faut conserver une part de mystére sur nos traces…

Autour de la Transbiking, gravitent quelques partenaires, on sent bien qu’il ne sont pas choisis au hasard mais qu’ils s’inscrivent également dans un « objectif commun ». Un petit mot sur eux ?

Côté partenaires, notre objectif est de faire évoluer notre sport en même temps que le matériel que nous utilisons. Les partenaires s’inscrivent donc directement dans cette démarche et sont choisis pour le type de pratique que nous essayons de mettre en avant.
Les GPS TwoNav sont l’outil indispensable pour tous ceux qui aiment chercher de nouvelles traces et s’offrir un peu d’aventure. Ils permettent d’explorer rapidement et très précisément des secteurs sauvages. Nous allons d’ailleurs travailler avec eux sur des e-roadbook pour simplifier encore la navigation au GPS. Les sacs à dos Oxsitis sont déjà excellents mais devraient évoluer vers une spécificité VTT dans le cours de l’année. Les vélos Engine-Lab sont l’arme ultime en matière de tout suspendu efficace. Certains (comme je l’entends souvent même chez des professionnels) pensent que toute les suspensions se valent. Nous ne partageons pas du tout ce point de vue. Le système air-fuel est une suspension qui améliore le rendement. La motricité est bluffante, encore plus en montée technique !
Les protections Kali assurent une sécurité indispensable à nos traces parfois assez engagées en plus de l’indispensable casque. Inverse nous accompagne en créant des maillots collector trés légers Transbiking offerts à tous les participants. Mule Bar nous permet de faire un pas de plus vers une autonomie alimentaire sur les longues distances très importante à nos yeux, énerg’éthyque car fabriquées avec des ingrédients biologiques et/ou issus du commerce équitable. Enfin Squirt permet de conserver une bonne fluidité dans la transmission même après de longues heures sur le vélo mais surtout biodégradable et sans solvant.

La TB c’est un tracé 100% au GPS, pas de balisage au sol ou de fléchage. Explique nous ce qui vous a conduit à ce choix qui est à ma connaissance unique ?

Il y a plusieurs raisons à ce choix. Tout d’abord, la nature et la montagne souffrent d’une pollution visuelle importante par secteurs, encore plus lorsque des organisateurs peu scrupuleux font du balisage sauvage sans autorisation et laissent des traces de leur passage bien après leurs évènements. Heureusement ils sont peu nombreux. Ensuite, il y a le problème des longues distances. Baliser 100km dans la montagne, ce n’est pas facile et souvent des concurrents se perdent en manquant un aiguillage. Quelques organisations sont impressionnantes en matière de balisage mais elles doivent lutter contre le débalisage et doivent réunir des quantités de bénévoles. Il n’existe d’ailleurs que très peu de format longue distance en VTT en France actuellement sur une seule boucle, c’est peut être une des raisons qui font que les épreuves se font rares. Nous limitons également le nombre de place à 100 maximum sur les TransbiKING pour éviter d’envoyer les pilotes dans les bouchons. Si l’on veut du monotrace, on ne peut raisonnablement pas accueillir 500 inscriptions. Ca ne passera jamais… Il serait donc malvenu de solliciter une aide de plusieurs dizaines de bénévoles pour 60 ou 80 sportifs ! Enfin, ce n’est pas une course et les pilotes ont le temps de naviguer au GPS pour se repérer.

En tant qu’utilisateur averti du GPS de rando, peux-tu nous détailler comment il intervient dans ta pratique du VTT ?

Il me suit quasiment partout quel que soit le sport que je pratique. Je m’entraîne beaucoup, essentiellement en montagne et puise ma motivation dans le partage avec la nature. Aller rouler sur une nationale au milieu des véhicules motorisés ou courir sur un trottoir ne me motive guère. J’ai la chance d’habiter une région de montagne où je découvre encore de nouvelles traces à quelques kilomètres de chez moi seulement. Je l’utilise donc en VTT, en trail, en ski alpinisme, en skyrunning et aussi en randonnée pour ne jamais refaire la même chose et découvrir de nouveaux terrains de jeu. Il me permet donc de mieux croiser mes parcours avec les données sur carte pour mieux connaitre un secteur. Pour ce qui est de l’entraînement, il me permet de faire des comparaisons et d’analyser des courbes d’effort où je mélange la Fc, l’altitude et la vitesse entre autres.

Parle nous de ta passion du VTT et plus largement des sports de montagne. Comment as tu contracté le virus ?

Jeune, je pratiquais le canoë slalom et descente. J’ai donc pris l’habitude du contact avec la nature tous les jours de l’année et par tous les temps. Mes résultats m’ont permis également de faire quelques voyages très enrichissants qui m’ont fait aimer la montagne. J’ai du abandonner ce sport pour des raisons professionnelles et c’est tout naturellement que je suis revenu vers des pratiques dans le même environnement. Il y a une dizaine d’années quand je suis arrivé en Ariège, j’étais comme fou et chaque jour je partais à l’aventure. J’ai juste pris l’habitude de changer de moyen de locomotion en fonction des saisons et de la météo.

Tu pratiques également la photographie, et tout spécialement sportive, une façon de mettre en image ta passion ?

Tout à fait, j’admire les paysages et j’admire encore plus lorsqu’un sportif s’y fond. Lorsqu’il donne l’impression de maîtriser son sujet et de faire corps avec l’environnement qui lui seul, lui permet de s’exprimer comme il le souhaite. C’est pourquoi je pense me sentir très concerné par les problèmes environnementaux. Ensuite, j’adore les photographies car elles sont figées. J’aime m’arrêter plusieurs minutes devant une image et la laisser nous parler. La vidéo est plus émotionnelle, furtive. On a pas le temps, à moins d’être un lecteur initié, d’apprécier à leurs justes valeurs les photos qui la composent. Les vidéos défilent très vite, les plans s’enchaînent et l’on en retient qu’une partie infime au final. Il faudrait pouvoir faire pause… ce que je fais d’ailleurs souvent lorsque Yann nous propose une de ses superbes réalisations !

Tu es un utilisateur de la première heure du site la-trace.com, qu’est-ce qui t’as conduit à utiliser ce site pour publier tes traces ?

J’ai tout de suite été séduit par le coté minimaliste du site. L’interface est agréable, simple et on ne se perd pas dans un flux de paramètres et de boutons envahissants. Les recherches sont simples et rapides et sur une page il y a tout ce qu’il faut pour apprécier la trace. Enfin, je dois bien avouer que le nom a du jouer pour beaucoup inconsciemment: la-trace.com, c’est le top ! Je passe le plus clair de mon temps à en chercher de nouvelles alors me dire qu’il n’y en a qu’une, ça simplifie pas mal les choses ! Et en plus, on peut lui (NDLR: le développeur du site) parler sur Twitter…

Twitter : twitter.com/laurentbrossard
Site Transbiking : transbiking.fr
Site perso : www.laurentbrossard.fr

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